Jean

AuteurRédactionLangue
Anonyme
Le « disciple bien-aimé » (Jn 21,24). Tradition l’attribue à l’apôtre Jean fils de Zébédée
Entre +90 et +110Grec ancien (Koinè / κοινή)

L’Évangile de Jean

Évangile laissé anonyme. Le texte renvoie à un « disciple que Jésus aimait » (Jn 13,23 ; 19,26 ; 20,2 ; 21,7.20) présenté comme témoin et garant de la rédaction (Jn 21,24). La tradition, attestée par Irénée de Lyon à la fin du IIe siècle, identifie ce disciple à l’apôtre Jean fils de Zébédée, installé à Éphèse à la fin de sa vie.

Rédigé probablement entre 90 et 110, dans une communauté johannique située en Asie Mineure (vraisemblablement Éphèse). La critique moderne distingue souvent un noyau primitif et plusieurs étapes rédactionnelles (notamment l’ajout du chapitre 21).

Indépendant des trois Synoptiques (Matthieu, Marc, Luc), Jean propose une trame, une chronologie et un style propres. Il atteste trois Pâques au lieu d’une (suggérant un ministère public d’environ trois ans), situe une part importante de l’action en Judée et à Jérusalem, et omet plusieurs épisodes synoptiques majeurs (institution de l’Eucharistie, agonie à Gethsémani, transfiguration) tout en en proposant d’autres absents ailleurs (Cana, Nicodème, Samaritaine, aveugle-né, Lazare, lavement des pieds).

Caractéristiques : prologue théologique sur le Logos (Jn 1,1-18), christologie haute (préexistence du Fils), structure articulée autour de sept signes et de sept déclarations « Je suis » (le Pain de vie, la Lumière du monde, la Porte, le Bon Pasteur, la Résurrection et la Vie, le Chemin, la Vraie Vigne), longs discours et dialogues théologiques. Vocabulaire dualiste (lumière/ténèbres, vérité/mensonge, en haut/en bas) et insistance sur l’amour, la vie éternelle et la connaissance de Dieu.